• Isabelle

19/ Trigunasana : posture des trois guna

Cet enchaînement contient une symbolique très forte en lien avec les forces de vie qui nous constituent. Elle résume, à elle seule, la dynamique intérieure de vie et l'évolution de notre condition humaine matérielle vers notre condition humaine spirituelle.

Tri = trois, Guna = qualités constitutives de toute chose dans la création, Asana = maintenant vous savez ;-)))



Les caractéristiques qui maintiennent en mouvement toute l’évolution, dans la microcosme comme dans le macrocosme sont aux nombres de trois :

- Tamas la léthargie et par extension : l'ignorance, l'attachement, l'inertie, l'obscurité, la nuit...

- Rajas l’activité et par extension : la force vitale, les fluctuations émotionnelles, le mouvement, le crépuscule... c'est aussi la qualité qui permet l'interaction entre les deux autres guna

- Sattva l’équilibre, l’harmonie et par extension : la qualité de lumière, d’amour et de vie, force supérieure ou spirituelle nous permettant d’évoluer dans la conscience, le jour...


Les guna forment la trame de notre univers. Ils sont enchevêtrés tels les brins d'une cordelette, semblables à la structure de l'ADN formée de deux rubans de protéine (rajas et tamas), reliés entre eux par un troisième élément (sattva). (...)

La plupart des personnes sont dominées soit par leur nature tamasique (indifférence, peurs) ou rajasique (ambitions, désirs). Grâce au yoga, notre nature sattvique peut se développer (équilibre, harmonie). La pratique des postures et du pranayama aide à nous purifier. Les autres étapes du yoga, la concentration et la méditation, nous apportent un état de paix, d'équilibre et d'équanimité qui atténue notre nature tamasique et/ou rajasique.


La symbolique de ces trois guna s'exprime par l'enlacement des nadi : ida et pingala (lunaire/tamas et solaire/rajas), circulant en spirale autour de sushumna nadi (dans l'axe de la colonne vertébrale) figurant l'élément sattva.

Chez les yogin, sushumna est appelée la voie de la libération. L'état d'éveil s'obtient par l'inactivité des deux éléments tamas et rajas, puis le dépassement de l'élément sattva afin de se tourner délibérément vers brahman (pure conscience).


La première série (rajas) est une position tonique avec enracinement dans la terre et recherche vers le ciel. Le côté droit et le côté gauche se relient vers le haut en étirement global comme s'ils étaient aspirés.

La deuxième série (sattva) commence par une position de fermeture avec les bras serrés contre les côtes puis une position d'ouverture vers la connaissance comme s'il y avait transformation grâce au changement provoqué par la position des mains et des avant-bras. Ensuite il y a une reconnaissance lumineuse de cet état de changement.

La dernière série (tamas) provoque une fermeture dans l'obscurité, l'adepte se ferme, il ne voit rien, il ignore tout à part son petit égo, (...) il ramène son front, partie qui peut s'éveiller, au genou, c'est-à-dire à lui-même, à son service.

Et pour finir il y a la remontée du buste dans le relâchement, pour retrouver l'équilibre dans le silence intérieur.

(Source : Revue Yoga et Vie n°135 éditée par le C.R.C.F.I.)

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© 2017 Yogagliardi - par Isabelle Gagliardi • Professeur de Yoga, gestion du stress, massages Ayurvédiques • isabelle@yogagliardi.fr • Tél. : 06 12 27 17 05